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Grave drôle

Derrière les blagues, les rigolades un peu gênantes et l’absurdité parfois hilarante, nous ne sommes pas dupes. Il y a souvent quelque chose qui déborde… une angoisse de ne pas être à la hauteur, une quête effrénée du plaisir, des récits qu’on se raconte pour tenir debout ou des modèles auxquels il faudrait correspondre à tout prix. En suivant cet itinéraire, vous verrez bien que l’humour sert moins à fuir le réel qu’à le regarder en face.

Eve Aouizerate et Yacine Nemra tentent de calmer leurs ambitions contrariées. Yvan Richardet dissèque notre cerveau comme un fil Instagram lancé à pleine vitesse (Dopamine). Yann Marguet digresse sur l’idée ô combien vaste de l’identité, tandis que Donatienne Amann entonne des chants de supporter·rices pour parler de la place des femmes dans le sport. Même l’éducation sexuelle devient un terrain de jeu où malaise et rire avancent main dans la main (Dégueu). Ça détone, ça s’emballe, ça frôle parfois le drama – et tant mieux ! Peut-être parce qu’au fond, être « grave drôle », signifie aussi rire bien fort de choses que l’on prend extrêmement au sérieux.